Lui, il est assis en tailleur et observe l'écran, un sourire léger aux lèvres, fermant de temps en temps les yeux pour apprécier la musique et se souvenir des bons moments, puis il reprend son écriture frénétique, sans même regarder son clavier, comme si ses doigts, mus par une force invisible, avaient leur propre volonté. Il pense. Il sort d'une relation complexe et pourtant, il se sent libre, libéré des chaines d'un amour impossible et lointain. Pour la première fois depuis bien longtemps, cet homme se sent bien.
Celui-ci est spécial. De loin, on peut le considérer comme quelqu'un d'absolument normal, avec ses cheveux récemment coupés et ses blue jeans. Pourtant, lorsqu'on s'approche et qu'on le connait, on découvre un homme aux idées étranges, un homme qui ne croit en rien mis à part en la puissance du choix et des conséquences, en la toute puissance de l'homme. Il est anarchiste, il est révolutionnaire et il lutte pour que les injustices qu'il peut résoudre soient résolues. Il fait de son mieux pour aider les gens en permanence, quitte à se négliger. Dans son ancien collège, il parait qu'on l'aimait bien, mais ce n'est pas vraiment sûr.
Et pourtant, aujourd'hui, il est bien loin de son ancien collège, de ses anciens amis qui lui manquent, même ceux qui, pourtant, n'étaient que des hypocrites, puisqu'il a tout de même partagé des rires, des pleurs, des difficultés. En écrivant cela, il pense à un autre homme, un ami à lui, un tombeur de filles qui n'avait, soi-disant, aucun respect pour elles. Il s'est disputé avec lui et pourtant il ne peut s'empêcher de repenser aux rires partagés, aux heures de colles passées ensemble. Il pense aussi à ces filles qui ont pleuré lors de son départ, à qui il a promis de revenir, ces filles qu'il serrera fort contre lui en leur disant "Tu m'as manqué, tu sais ?". Pourtant, aujourd'hui, cette homme est autre part.
Un autre part qui prend des formes de capitales. Un autre part dont il a eu peur pendant quelque temps, atterrissant dans un endroit où il ne connait personne, où il est "Nouveau". Pourtant cet homme mettra peu de temps à rencontrer des gens qui seront vraiment sympathiques. Deux disc-jokeys, deux accros au skateboard, une bande de tarées qui le prennent pour un poisson clown, et tant d'autres. Aujourd'hui, cet homme se sent bien.
Mais désormais, plus rien de nouveau dans cet endroit où le soleil veille sur la population et devant lequel se passe les coups de théatre les plus majestueux, après tout , le voici, cet Alexandre, habitué à vivre avec eux, après tant de remous, d'arabesques de vie et d'amour blessants, il a décidé de ne plus souffrir, d'oublier tous ceux qui ont pu lui faire du mal et s'habituer à vivre avec ceux qu'il reconnait comme des amis, et avec qui il a appris à sourire et à évoluer, avec qui il se sent bien, et il remercie tous ceux qui sont encore là.
Au fait, cet homme, il s'appelle Alexandre.